Historique

 

auf-deutschIl s’en est fallu d’une dizaine de kilomètres, ceux qui séparent Concarneau de Fouesnant, pour que le jumelage Fouesnant-Meerbusch ne voie jamais le jour. Ce jeudi 9 mars 1967, l’ambiance est électrique à l’intérieur du bus Volkswagen KK-OM-297 dans lequel se trouvent cinq personnes. Trois dames : Frau Dohmen, Frau Strauch, Frau Guthausen, deux messieurs : Herr Cornelissen et Herr Rappel. Voilà deux jours qu’ils sont partis de leur petite cité de Strümp en Rhénanie et la route leur paraît interminable : l’Allemagne, la Belgique, la France et, tout au bout de la Bretagne, Fouesnant. Alors, avec la fatigue, la brume, le brouillard, l’état lamentable des petites routes, le moral s’écroule : les dames craquent et veulent faire demi-tour. Heureusement, il ne reste même pas une demi-heure à tenir et « Coco » ne lâche rien. La camionnette Volkswagen arrive sur la place de Fouesnant en fin d’après-midi. II était temps.

Tout a commencé par un échec, un an auparavant. L’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse (OFAJ), incite les jeunes des deux pays à se rencontrer afin de mettre un terme définitif aux conflits meurtriers entre les deux peuples. Louis Le Calvez, maire de Fouesnant et le colonel L’Helgouach, adjoint mais aussi président du groupe folklorique « Pintiged Foen » sont intéressés et pensent que le groupe serait un ambassadeur de choix pour un premier séjour en Allemagne. Malheureusement, la commune de Willich qui avait été pressentie renonce, au dernier moment, à l’échange. II faut retourner le chèque permettant de financer l’opération à I’0.F.A.J. C’est à ce moment qu’intervient Rolf Cornelissen, personnage central et charismatique du jumelage Fouesnant-Meerbusch auquel, avec son épouse, Hilde, il va consacrer la moitié de sa vie. Directeur de l’école de Strümp, « Coco » parcourt distraitement le Rheinische Post quand son regard tombe sur le titre d’un article : « Qui cherche une ville-jumelle? ». Moi! répond Rolf Cornelissen, sous les yeux éberlués de sa femme qui n’en croit pas ses oreilles. II faut dire que des deux côtés de la frontière, les plaies sont encore vives et que les jumelages entre les villes françaises et allemandes sont pratiquement inexistants.

Seulement, quelque temps auparavant, Rolf Cornelissen s’est rendu, avec sa classe, à Düsseldorf. II a écouté le général De Gaulle s’adressant à la foule et il a entendu le message : « Venez en France pour nous connaître ». Dès lors, plus rien n’arrêtera « Coco », contraint de porter l’uniforme, encore adolescent : ni les peurs allemandes, ni les réticences administratives, ni la distance qui sépare les deux villes (plus de 1000 km), ni la décision, en 1970, de réunir huit communes dont Strümp, au sein d’une même ville. Les Meerbuschois sont tombés sous le charme de Fouesnant et les Fouesnantais ne cachent pas leur émotion devant la chaleur humaine de leurs hôtes rhénans. Les contrats définitifs ont été signés le 21 juillet 1968 à Fouesnant et le 18 août 1968 à Strümp. Désormais, les deux villes sont unies pour le meilleur et pour le pire.debut-du-jumelage

Source : Fouesnant Info mai 2008 – Cahier spécial Jumelage
Avec l’aimable autorisation de Jean-Yves Le Dréau

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