L’âme du jumelage

auf-deutschNous sommes en 1973. Le jumelage . Fouesnant-Meerbusch, qui s’appuie uniquement sur des échanges de jeunes, prend peu à peu son élan. Mais il manque encore de bras et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Aussi, apprécie-t-on qu’Hélène et Jean-Pierre Bazin, après avoir hébergé le chauffeur du bus allemand, n’hésitent pas à retrousser leurs manches à l’heure de la vaisselle. Dès l’année suivante, le couple est chargé de I’encadrement d’un groupe de 45 ados qui se rend Outre-Rhin. Une promotion éclair pour les deux Fouesnantais même si Hélène a déjà une belle expérience de I’encadrement des jeunes dans le milieu du scoutisme.
A Meerbusch, ils sont reçus chez Hilde et Rolf Cornelissen. ale courant est passé tout de suite)) se souvient Jean-Pierre Bazin. Ce sera la rencontre clef qui marquera le début de l’essor d’un jumelage exemplaire en bien des points.

C’est donc tout naturellement que Jean-Pierre Bazin succède a Marie-Louise Le Carre à la présidence du jumelage franco-allemand, en 1977, tout en continuant, jusqu’en 1990, à s’occuper des échanges de jeunes qu’il conduit avec son épouse en Irlande, en Angleterre, à Berlin Est. « C’étaient aussi nos vacances qui y passaient » sourit-il. Bien vite, cependant, naît le désir d’élargir les relations entre les deux villes. Les parents veulent imiter leurs enfants. Les amitiés se nouent chez les adultes. Sous la houlette d’Armelle Le Roy, ils se rencontrent chaque année, avant de multiplier les voyages en commun : Italie, Maroc, Irlande, Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie … Dès lors, le jumelage va connaître son âge d’or. Toutes les couches de la population sont concernées : banquiers, cultivateurs, postiers, sportifs … Les cyclorandonneurs accomplissent, à vélo, les 1050 km qui séparent les deux villes. Le boulanger fouesnantais, Alain Jacq, provoque une émeute en vendant sa baguette aux Allemands. Les gendarmes échangent leurs képis. Les pompiers de Meerbusch viennent, avec leur camion rouge, à Fouesnant. Le garde-champêtre fouesnantais règle la circulation dans les rues rhénanes, les curés disent la messe en commun, les membres du SPD fraternisent avec les militants du Parti socialiste local. Les chasseurs allemands viennent pêcher dans les eaux fouesnantaises. Dans tout le pays, le jumelage Fouesnant-Meerbusch est montré en exemple.

Alors, bien sûr, il y a quelques bémols. La cantonalisation du jumelage ne s’est jamais véritablement concrétisée au niveau des structures administratives. E t puis, évidemment, il y eut le traumatisme du marché aux poissons de Düsseldorf. Hélène et Jean-Pierre Bazin n’ont rien oublié de cet énorme échec et ne fuient pas leurs responsabilités.  Mais, aujourd’hui, ils veulent surtout retenir l’immense élan de solidarité qui se manifesta, tant en France qu’en Allemagne, et qui permit au jumelage de ne pas sombrer dans la débâcle financière. Désormais, le bateau franco-allemand navigue en eaux calmes. « C’est dommage qu’il n’y ait jamais eu de mariage entre deux jeunes de nos villes » concluent Hélène et Jean-Pierre Bazin. Est-ce vraiment trop tard ?

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Source : Fouesnant Info mai 2008 – Cahier spécial Jumelage
Avec l’aimable autorisation de Jean-Yves Le Dréau

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